Espresso Quest – Chapitre 1 –

Posted by | September 03, 2012 | Au Quotidien, Blog, Guides | No Comments
illy_0 [blockquote]…la question qui me tarauda dès notre arrivée fut : Mais où allais-je trouver de bons espressos ?[/blockquote]

Mvouais…je sais pas trop comment présenter cette première entrée sur les espressos sans faire grincer des dents et molester certains égos.

…la vache, ça me travaille…

Bon, essayons comme ça : Quand j’habitais encore Genève (Calvingrad), certains de mes collègues et amis trouvaient que j’étais un peu pointillieux (limite snob) quand à mes critères gustatifs en matière d’espresso. Ma foi, désolé les gars, mais quand on me présente du jus de pied acide avec une mousse même pas digne de celle bicarbonatée des semi-infects Nespressos (si, si…vous saviez pas ? ), ben j’ai du mal à rester calme. Quand en plus je devais payer 4.50 CHF pour ledit jus, j’avais l’impression de me retrouver dans un tableau de Magritte (mon artiste surréaliste préféré), genre :


Magritte et le paradoxe genevois…

Bref, c’était la galère, je pestais, invectivais, maudissais et parfois même cassais (des jambes, pas la porcelaine, je vous rassure).

Que voulez-vous, moi qui ai été élevé aux espressos italiens, notamment ceux du Sud de l’Italie, les pt’its kawa semi rances que 99% des restos et bistrots genevois arrivaient lamentablement à me proposer ne passaient tout simplement pas. Oh, et ne venez pas me dire que je suis difficile, car dans ce cas là vous n’avez jamais goûté à un vrai espresso en Italie. Ouais, ouais, je sais, je suis méchant, les cafétiers c’est pas facile pour eux, déjà qu’ils doivent facturer la carafe d’eau car bla bla bla, gna, gna, gna…

Je suis relativement remonté, car en fait la raison pour laquelle l’espresso est mauvais en Suisse en général vient essentiellement d’un mauvais réglage de la mouture du café et de la pression. C’est dommage, car les machines coûtent très cher et le bon ajustement de ces dernières serait un investissement précieux.

En plus j’ai dit 99% donc il y avait bien un ou deux cafés qui proposaient des espressos vraiment corrects à Genève. Mais dans mon immense méchanceté je ne vais pas l’indiquer dans ce post, par contre vous pourrez toujours proposer des adresses je vous dirai si c’est le bon établissement.

Mais pourquoi un tel brûlot contre les espressos de Genève alors que je suis sensé parler espressos à Tokyo ? Hum, en fait c’est juste pour donner un point de référence en quelque sorte, une intro historique dont finalement la moitié des lecteurs s’en foutra largement et à juste titre.

Moins sérieusement, en arrivant à Tokyo, et passé les premières excellentes suprises en matière de café lors de nos vacances, la question qui me tarauda dès notre arrivée fut : Mais où allais-je trouver de bons espressos (ou ristretto : l’audace du mec tu vois !) près de chez moi avant de récupérer MA superbe machine à café italienne qui devait se trouver quelque part sur l’océan Indien (en fait elle se trouvait encore à Genève car nos affaires sont arrivées avec 2 mois de retard : classe).

Réponse : à environ 20 Km de chez nous à Shinjuku, à notre arrêt final pour être plus précis : Seibu-Shinjuku.

Ce qui fait assez loin et douloureux pour son morning shot de caféine, surtout quand vous n’arrivez pas à aligner plus de 5 heures de sommeil total sur une nuit (pour rappel : nous sommes arrivés avec un bout de chou de 3 mois et 8 heures de décalage horaire).

Il fallut donc trouver une solution de remplacement, et cette dernière se matérialisa dans une merveilleuse petite cannette en aluminium arborant le logo, que dis-je, les armoiries du café “Illy”, fameux torréfacteur du nord de l’Italie (Trieste). Me voilà peut-être sauf, les cannettes pouvaient même se trouver déjà chaudes dans de nombreux distributeurs à boissons qui parsèment le Japon.

Joie, retrouvailles, petit déhanchement, tels furent les premiers instants de complicité avec ma liberté nouvellement acquise, avec mon compagnon de toujours : le café.

Ce fut donc dans un joyeux “schnik” que j’ouvris mon calice moderne pour y goûter les mêmes plaisirs inavoués qu’en Italie, lorsque l’on vous sert à même le comptoir ce condensé d’arômes dans 30ml.

C’est ici que les plus lents d’entre vous auront enfin compris l’immense hypocrisie des deux derniers paragraphes.

En effet, pour rester dans une échelle de mesure normalisée, je dirais que le breuvage était immooooonde au possible. Passé le premier choc olfactif (une odeur rance de mélasse) je me suis forcé à boire entièrement la foutue cannette. Cela confirma un gôut franchement mélassé, sans la finesse d’une chicorée (qui ne se prétend pas être autre chose qu’une chicorée) et certainement sans l’amertume d’un vrai café qui en a dans le caleçon !! Le taux de caféine à mon sens était négatif, me laissant dans une molle torpeur quasi immédiate.

Chose inouïe, mon professionalisme me poussa à goûter du bout des lèvres la version “cappuccino” que Joëlle avait pris. C’était tout aussi horrible, mais avec un supplément bonus de lait condensé ayant passé la limite de consommation d’environ 6 mois.

Après ce premier échec lamentable de substitution on décida avec Joëlle qu’un parcours quotidien de 20 Km afin de déguster un espresso au Segafredo de Seibu-Shinjuku, n’était finalement pas une sinécure. Je vous rassure, nous n’allions pas là-bas QUE pour l’espresso, mais le hasard fit que ce bar à espresso se trouvait juste dans la gare de notre terminus, et qu’un petit rituel s’installa alors là-bas. Mais ceci est une autre histoire.

Près de chez nous il y a bien quelques chaînes type Doutor, ou Vie de France, mais, hônnetement, c’est se retrouver dans un café genevois, le sourire en plus.

Ceci pour les cannettes Illy…mais il y a une plétore d’autre canettes de café, chaudes ou froides qu’il faudrait que j’essaie. Mon ami Robert qui nous rendit visite ce printemps 2010 poussa l’expérience plus loin que moi, et en l’espace de deux semaines pouvait se targuer d’avoir goûté un échantillon ma foi assez exhaustif de marques et versions. Il faudrait que je retente l’expérience.

En conclusion, disons que pour une dose de caféine rapide, sans l’âme d’une Claudia Cardinale assise en face de vous et vous demandant un peu de sucre, ces petites canettes peuvent faire l’affaire. Comme expliqué précédement je n’ai goûté que celles de Illy que j’ai trouvées franchement mauvaises, et il m’a fallu un mois pour m’en remettre. Je vais donc essayer d’autres marques pour mon plus grand déplaisir tout en vous proposant évidemment aussi des lieux au sein de la métropole nippone ou l’on vous servira un nectar digne d’une rencontre avec une actrice Italienne.

…snob moi…pffffff…n’importe quoi

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