J’ai testé pour vous, merci ! “La patate douce violette”

Posted by | September 07, 2012 | Au Quotidien, Blog | 6 Comments
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Au fait, vous voulez connaître le vrai secret encore mieux gardé du Japon ? C’est 120 yen !

Non, mon cher Zebraman, je suis navrée, le secret le mieux gardé du Japon n’est PAS la recette ancestrale que tu viens de révéler à nos lecteurs assoiffés de connaissances mystiques. En fait, c’est moi qui l’ai découvert – et c’est 120 yen la pièce chez le fermier du coin. AH!

Tout d’abord, un avertissement qui sonnera lugubrement à vos oreilles: le tubercule dont je vais vous chanter les louanges ne se trouve qu’ici, désolée. Vous en trouverez de pâles cousins dans d’autres contrées, sous d’autres tropiques, ou par exemple dans la boutique d’importation de légumes exotiques au coin de la rue Caroline (vers la rue du Grand-Bureau), aux Acacias.

Oui, vous trouverez ailleurs des déclinaisons jaunes, oranges, blanches de ce joyau qui a bouleversé nos papilles. Mais la version violette de la patate douce, ce graal de la patate douce, ce n’est qu’au Japon que vous la croiserez.

Et encore, il faudra vous armer de patience et faire appel à vos instincts de chasseurs primitifs car elle sait se faire désirer, se cacher pour mieux surgir à l’improviste quand vous aviez perdu tout espoir et que son goût unique n’était plus qu’un vague souvenir, un doux rêve gustatif aux sensations éphémères.

Il faudra aussi réussir à éliminer la rude concurrence: si possible, faire l’ouverture des stands de fruits et légumes, ou alors traquer sans relâche le paysan du coin, car vous ne serez pas seuls sur la piste de ce trésor qui n’est mis en vente que quelques fois par mois. De nombreuses petites Obasan (grands-mères) et autres mères de famille auront vite fait de dévaliser les stands. Ce d’autant plus si vous résidez hors des régions de sa culture principale, c’est-à-dire le sud, et en particulier l’archipel d’Okinawa (hé oui, encore eux, nan mais quand on vous disait qu’ils ont tout compris et que c’est là-bas qu’il faut aller planter sa hutte…).

Bon bien sûr, vous pouvez toujours décider d’en acheter en ligne un sac de 2 kilos, mais que faites-vous du plaisir, de l’excitation primitive de la chasse ?

C’est bien beau, direz-vous, mais qu’a-t-elle donc, cette fameuse, merveilleuse patate douce violette, ou beni imo ou murasaki imo pour les initiés ?

Déjà, elle est belle: oui, un légume qui a cette couleur aussi intense ne peut qu’être admiré.

Ensuite, elle n’est pas seulement douce, elle est extrêmement sucrée: sa couleur pourpre intense n’a d’égal que son goût mielleux.

Et puis, encore mieux, on peut en faire ce qu’on veut, des chips, un crumble aux noix de pécan, des madeleines, des roulades, des cakes spongieux, des profiteroles (qu’on fera tremper dans de l’awamori à 60°), une version de “Pocky” (“Mikado” pour nous francophones) à avaler d’un coup…

…et même des glaces – oui des glaces! plus précisément des soft ice cream bien crémeuses et fondantes.

Ces soft ice creams sont d’ailleurs tout simplement l’un des trois meilleurs trucs que j’ai mangés de ma vie. Voui, tout simplement, tout bonnement. Elles se placent dans le trio de tête avec le provolone nappé de miel d’acacias aux truffes et le tic-tac de boeuf d’Ishigaki. Je ne suis d’ailleurs pas peu fière que ça ait été la toute première glace de mon fils – mais le pauvre ne pourra plus jamais en aimer d’autres à présent, c’est mal fait au fond!

Evidemment, comme toute excellente chose, ces soft ice creams sont encore plus rares que leur patate douce originelle: aux alentours de Tokyo, on n’en trouve que dans deux endroits, hors Tokyo: à Kawagoe (au nord ouest de Tokyo) et à Kamakura (au sud de Tokyo). Encore une bonne raison de se rendre dans cette vieille capitale du Japon. Mais il faut bien souffrir un peu pour se faire plaisir!

PS en fait, voilà encore un autre secret, hyper-über bien gardé: il y a bien un endroit au centre-ville de Tokyo où vous pourrez trouver une version un peu moins extraordinaire mais tout de même bien bonne de cette fameuse glace. Je suis cruelle, je ne vous laisserai que deux indices: Ginza, Okinawa. Mwahahahah!!!

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