Introduction au Sake -1- Quelques Mythes

Posted by | September 12, 2012 | Au Quotidien, Blog, Guides | No Comments
kyoto_osake [blockquote]Il faut apprécier le Saké de la même manière qu’un vin blanc[/blockquote]

Je me souviens parfaitement de l’endroit où j’ai véritablement goûté à un Saké digne de ce nom. C’était à Kyoto en plein été, près du fameux quartier de Gion, dans un bar situé le long de la rivière Kamo. On m’avait servi cet alcool de riz dans une petite boîte en bois carrée, appellée “Masu”.

L’expérience fût mémorable, tant le goût du saké servi n’avait rien à voir avec celui que j’avais pu boire dans de nombreux restaurants à Genève ou ailleurs, ou tout simplement en achetant une bouteille dans une épicerie spécialisée. J’avais été frappé par le côté épicé ainsi que par les multiples arômes subtils qui se dégagaient en bouche à chaque gorgée.

Bien plus tard, j’appris que le bois utilisé pour ces coupettes développait les arômes du saké et je me promis après cette première découverte de savourer le saké avec le même intérêt, plaisir et passion qu’une bonne bouteille de vin. Car ne vous trompez pas, le saké propose tout autant de subtilités, variations et plaisirs des sens.


Un certain charme quand même vous l’avourez…

Cette rubrique a donc pour vocation de vous faire découvrir cet univers passionant méconnu en occident et en Europe en particulier, à travers non seulement des informations techniques pour bien choisir son saké, le servir, son histoire, mais aussi avec des dégustations, visites de bars spécialisés, ou même brasseries à saké.

Mais avant tout et pour commencer à apprécier ce fameux breuvage, il est utile de rappeler et de se défaire de certaines idées reçues au sujet du Saké. Nous entrerons plus dans les détails au fur et à mesure que cette rubrique s’étoffera. Nous rappelons également que l’abus d’alcool est dangereux pour la santé !! Le saké comme tout bon vin se consomme avec modération.

Voilà, c’est dit, on peut commencer à reprendre avec un certain plaisir les légendes à peine urbaines sur le Saké.

  • Le Saké est une boisson à très forte teneur d’alcool, c’est pourquoi on le boit dans des petites coupettes sous peine de s’évanouir rien qu’en respirant les vapeurs…
    Mé non….La teneur d’alcool dépend évidemment des choix du brasseur, mais en règle générale le taux varie entre 14 et 16°-17°, un peu plus qu’un vin (quoique j’ai eu l’occasion de goûter des Primitivo des Pouilles à 16.5°….). Bref aucun lien avec les coupettes, les films de James Bond ou autres Sean Connery, nous sommes loin des eaux-de-vie, on vous déconseille donc fortement de mélanger du saké avec du Coca le résultat serait probablement…infect. Il faut apprécier le Saké de la même manière qu’un vin blanc (d’ailleurs, ne le dites pas trop, mais les verres à vin blanc sont l’idéal pour la dégustation de Saké).
  • Le Saké c’est un vin…ou une sorte de liqueur là, un truc comme ça…
    Hmmmm, même s’il est vrai que l’on parle souvent de Saké comme du vin de riz, sa méthode de production se rapproche plus de celle des brasseries que de celles par distillation ou vinification…Mais pour être tout à fait juste la méthode de production de Saké est distincte et serait à considérer come unique.
  • Le “vrai” Saké doit être servi chaud (environ 2000°C l’hiver ou à la température du plomb en fusion en été 327.46°C).
    Naaan, mais à nouveau là, il faut nuancer ! Evidemment il est faux de dire qu’il y a un “vrai Saké” et que ce dernier doit être absolument consommé chaud. Disons plutôt que différents types de Saké se consomment à leur température optimale faisant ressortir au mieux leurs arômes. Nous le verrons plus en détail plus tard mais la fourchette de température de dégustation idéale oscille entre 8 à 50° selon les types.

     

  • Consommer un bon Saké ne provoque pas de mal de tête le lendemain matin
    Inutile de vous faire le coup de la marmotte hein ? Je vous épargne donc des réveils pâteux accompagnés de la compagnie de tambours locale. Le Saké contient de l’alcool et au même titre qu’un bon vin tout abus entrainera les effets indésirables liés à la déshydratation et concentration éthylique dans le sang. Après, aussi l’effet sera plus ou moins rapide selon la qualité de ce dernier.

     

  • Les Saké de type “Junmai”  sont les meilleurs ! Point barre.
    Rahhh, mais nooon…Nous le verrons aussi en détail plus tard, mais les Junmai (type de saké qui dans leur processus n’incluent PAS l’adjonction d’alcool non issue par la fermentation naturelle), sauf pour les puristes, ne sont pas systématiquement supérieurs aux autres Sakés. Le type de processus n’est pas seul indicateur de la qualité réelle du Saké.

Hmmmm, voilà pour l’instant ce que j’ai entendu le plus fréquemment et qui meritait quelques correctifs. Nous attaquerons ensuite l’histoire du saké, brièvement hein, je vais pas vous gonfler faire trop attendre avant de vous donner les quelques clés pour apprécier cet alcool le plus rapidement et dans les meilleures conditions possible.


Oui, alors même si l’on peut déguster du saké dans certains Onsen, ça se passe rarement comme ça…

(en même temps, j’ai dit rarement…)

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