Bref, j’ai un compte en banque au Japon

Posted by | October 02, 2012 | Au Quotidien, Blog | No Comments
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Parmi les plaisirs cachés du Japon il en est un qui mérite que l’on s’y attarde un peu. Comme vous le savez déjà la langue japonaise se compose de plusieurs niveaux de politesse, cela veut dire vocabulaire et tournures de phrases différentes et prolongement des formules inextricables selon le contexte.

Le contexte qui s’approche le plus de “tu piges que dalle et c’est bon” étant sûrement celui entre client / prestataire de service. On atteint des sommets et des rallonges de formulations à donner un bon mal de tête à tout être humain n’étant pas de langue native japonaise et qui essaye de survivre avec son petit vocabulaire de base en partie emprunté aux échanges avec la crèche (genre couche, malade, en forme, sieste, jeu, etc…).

Donc relativement peu utile dans un échange avec sa banque…à moins que…

Alors pour parer à cette éventualité nous avons ouvert un compte dans une banque se présentait “very international”…on pouvait donc espérer un semblant de communication dans la langue de Shakespeare.

…que nenni mon bon petit bonhomme bourré d’illusions !

Mais bon à force d’insister je réussis à obtenir après moultes explications (supplications) une interlocutrice parlant anglais pour régler les modalités obligatoires lors de chaque transactions venant de l’étranger. Cela se résumait en gros à la confirmation de la somme, le motif et contexte ainsi que de donner mon nom. A peu de choses près. Ceci nous coûtant quand même 2’500 yen (25€) à chaque fois, car faudrait pas que ce genre de petit plaisir soit gratuit quand même.

Or voilà que lundi dernier dans un sursaut de paresse je me suis dit que j’allais prendre l’appel en japonais et ne pas demander l’interlocutrice parlant anglais. Non passque bon, on aurait perdu encore une journée, et fallait bien assumer !

Evidemment je comprenais que dalle à ce qu’elle me racontait, j’ai juste compris la somme qui correspondait à ce que l’on attendait, moins 6’000 yen de frais cette fois (à ben oui ça a augmenté cet été, on pensait que c’était notre petit cadeau pour vous faire sentir bien “international”), la date, l’origine…et à chaque fois j’acquiesçais d’un ton très docte et grave tout en répétant parfois la dernière phrase ou mot, histoire de lui faire comprendre que je captais absolument tout, et que son Japonais ne pouvait se mesurer qu’à ma mauvaise foi. Hmmm, oui, c’est ça, exact, oui, parfait, c’est bien ça, mais ouiiiii ! Tellement ! Puis arrive le silence (mais que j’avais prévu), c’était le moment pour moi pour dire de quoi il s’agissait, et je pus lui dire en anglais puisque le mot était le même en japonais. Héhéhéhé, tu croyais m’avoir comme ça ?!

Non, elle pût m’avoir 30 secondes après où elle me demanda mon nom et dans un élan de “faut que ça se termine dans les 3 micro-secondes sinon je me jette de la fenêtre” je dis “oui”…

…j’eus droit à des rires étouffés je crois (je suis sûr a postériori que j’étais sur haut parleur)…puis je donnai mon nom dans un murmure de honte et tout le monde se salua ensuite très poliment y compris les 12 employés qui étaient autour du haut parleur j’imagine.

Et dire qu’en plus j’ai payé pour ça. Encore un grand moment de solitude contemplatif bercé par le ressac de la mer qui te ramène au niveau de japonais que tu as.

…des couches donc…

Suis même passé à la télé, je crois que c’était assez flatteur en fait…

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