Poèmes de chats du Japon – Kawabe Kezuka –

Posted by | February 20, 2014 | Blog, Poèmes de chats | No Comments
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“A thing of beauty is a joy for ever Into the moonlight, Whiter than snow, waving so flower-like when the winds blow !”

Kawabe Kezuka – 2012-

Konbinitude : Mr. Kezuka, bonjour et merci d’avoir pris le temps de nous rencontrer.

K. : De rien, c’est un plaisir.

Konbinitude : Nous y voilà, vous êtes le premier chat à être interviewé et nous avons donc l’infime plaisir de commencer par votre magnifique poème écrit il y a déjà deux ans. Depuis, nous pouvons en apprécier l’essence à chaque fois que nous portons un mouchoir à notre nez et la justesse de vos mots s’imprègnent avec douceur dans nos nari…euh…notre esprit. 

K. : Merci, c’est gentil, il est vrai que ce poème est un de mes plus connus, il a été utilisé à maintes reprises, mais là, dernièrement je me sens particulièrement satisfait de la visibilité qu’on lui donne. Rendez-vous compte, une confection entière se compose de 12 paquets, et c’est vendu en conbini dans tout le Japon !

Konbinitude : En effet, je n’ai pas pu m’empêcher d’en apprécier le côté répétitif, c’était voulu ?

K. : Pas au début, mais ensuite avec l’équipe de marketing et linguistes, nous avons préféré cette approche provocatrice ! Ce fut un succès !

Konbinitude : Je comprends, mais pour nos amis francophones, j’aimerais leur donner une traduction (maladroite) de votre oeuvre, me le permettez-vous ?

K. : Oui certainement…

Konbinitude : Alors, voici : Une chose de beauté est une joie pour toujours ! Dans le clair de lune, plus blanc que neige, agitant ainsi comme une fleur lorsque les vents soufflent! MAGNIFIQUE ! La lune, le vent la neige…une métaphore de l’état dans lequel on doit être quand on utilise ces mouchoirs. A vous lire, pourtant j’ai l’impression que vous vous mettez en opposition au style classique, notamment de celui fondateur de Murakami…me trompe-je ?

K. : Non, vous avez tout à fait raison. Vous savez, il y avait tout un contexte d’une puissance incroyable lorsque Yoshita entreprit d’élever les haïkus du peuple félin à la portée de nos maîtres. Une pression inouïe, des conflits claniques au sein de notre population, bref, il y avait une rage qu’il était difficilement possible d’atténuer mais qu’il fallait néanmoins arrondir avec des formules plus vagues.  Il eut été impensable de tout déballer alors que nous venions de nous dévoiler aux humains. Cela se ressent dans le style. En fait, je m’inspire plutôt du travail de Kentaro Sato, mon prof dans les faubourgs de Shibuya dans les années 90…un vrai chat sauvage, un rebelle né qui cherchait la querelle pour un oui ou pour non. Tenez, j’ai une photo de lui à l’époque prise par un pote…

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Konbinitude : Ah ouais…quand même…il avait pas l’air facile…

K. : Non, un vrai salopard, la moitié des élèves aurait bien voulu le coincer dans une ruelle sombre, et l’autre carrément en classe…(qui soit dit en passant était aussi une ruelle sombre NDR).  Le porc a quand même vécu 32 ans !! Vous vous rendez compte pour un chat ? Jamais un pantalon, ou short, toujours les coui..

Konbinitude : OUI, oui, on se rend bien compte que c’était un personnage haut en couleur…et donc c’est lui qui vous a inspiré pour ce poème ?

K. : …à l’air…Oui, en effet, je le revois comme sur la photo, la clope au bec en train de nous tanner, insulter, mais en fait il nous obligeait à chercher plus loin, à nous dépasser ! On s’est imbibés de son caractère sans le savoir, son alcool mauvais, ses vices, ses bagarres sans fin. Mais aussi sans le savoir nous étions introduits dans des lieux et à des personnages incroyables …Toshiro Matsumoto l’aventurier au grand coeur, Nicola Palladini l’italien anarchiste, Kenjiro Nishioka le truand…et j’en passe. Quelle époque ! Des têtes fortes qui se font rares je trouve. C’est donc un peu avec cette nostalgie au ventre que j’ai écrit ce texte…un hommage en somme. Oui..c’est vrai…

Konbinitude : En effet, d’après les récentes recherches et témoignages à notre disposition, c’était une période incroyable  que vous avez eu l’honneur de traverser, je suis sûr que nous aurons encore l’occasion d’en reparler, et votre témoignage nous sera très utile. Merci encore pour votre disponibilité Kezuka san… à bientôt !

K. : A plus l’ami..

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Kezuka san, un soir d’été (arrosé) dans la baie de Tokyo, près de Tennozu Isle (2007)

OYEZ OYEZ ! Avis à la population et au lectorat de Konbinitude, vous qui avez peut-être été témoin ou simplement marqué par un poème sans savoir qu’il avait été écrit par un artiste félin, envoyez nous votre texte (avec photo à l’appui hein ! ) et nous essayerons de retrouver l’auteur miaulant du texte. Il suffit de nous envoyer directement un mail à : contact”arobase”konbinitude.com

 

 

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